Procédure De Déficit Excessif : La France Devrait Vite En Sortir (Tribune)

Dans le cadre du partenariat avec le magazine Forbes, retrouvez une tribune de Julien Moussavi, économiste de BSI Economics, sur la procédure de déficit excessif à laquelle est confrontée la France  :

 
Résumé :  Le 26 mars dernier, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiait sa première estimation du déficit public français pour 2017. Ce dernier s'établit à 59,3 milliards d'euros, soit 2,6 % du Produit intérieur brut (PIB) après 3,4% en 2016, ce qui porte la dette publique brute française à 97,0 % du PIB. Ce chiffre est donc bien meilleur que les 2,9 % qui étaient annoncés jusqu'alors par le gouvernement, notamment auprès de la Commission européenne. Pour la première fois depuis 2008, ce chiffre revient en-deçà du plafond de 3 % de déficit budgétaire imposé par la législation relative au Pacte de stabilité et de croissance (PSC) de l'Union Européenne (UE). Depuis 2009, la France est sous le coup d'une procédure de déficit excessif. Cette procédure contraint notamment les États membres de la zone euro à rendre des comptes à la Commission européenne de manière plus fréquente. Nous nous proposons ici de revenir sur cette procédure de déficit excessif et de comprendre les tenants et les aboutissants du cas de la France.
 
Le bon momentum de croissance a su profiter à la France. En effet, quand la conjoncture s'améliore, les recettes de l'État, notamment les prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations cumulés), augmentent bien plus vite que l'activité. Dans le détail des comptes, nous pouvons lire qu'entre 2016 et 2017, les dépenses publiques se sont accrues de 2,5 %, soit 30 milliards d'euros supplémentaires. Mais, dans le même temps, les recettes ont bondi de 4 %, soit 47 milliards d'euros. Cette hausse propulse le taux de prélèvements obligatoires au niveau encore jamais atteint de 45,4 % du PIB, soit le deuxième taux le plus élevé de l'ensemble des pays de l'OCDE, le premier étant le Danemark avec environ 45,9 % de taux de prélèvement obligatoire reporté en 2016. Toutefois, la poursuite de la mise en place de réformes structurelles dans l'Hexagone ne se fera pas facilement. Les négociations seront difficiles et personne n'échappera aux concessions, ni le gouvernement, ni les syndicats. Car sans réformes nationales, les ambitions européennes pourraient à nouveau être freinées.
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Diplômé de l'ENSAE ParisTech et d'un Doctorat en macroéconomie financière de l'Université Paris-Dauphine (DRM-Finance). Il évolue actuellement au sein d'un service de stratégie et de recherche économique dans le secteur du risque souverain. Ses principaux centres d'intérêts portent sur les pays émergents, leurs économies, leurs marchés financiers ainsi que leurs politiques monétaires. Julien fait également partie du comité éditorial de BSI Economics.